Stéphane Billault et Séverine Joly portent de nombreux projets pour le Conservatoire à rayonnement intercommunal d’Alès Agglomération.

« Le Conservatoire favorise l’éducation artistique et la pratique collective »

Le 13 janvier 2026

par Christine Zanella-Savy

Soulignant l’énorme potentiel artistique du Conservatoire à rayonnement intercommunal d’Alès Agglomération, Stéphane Billault, le nouveau directeur, et Séverine Joly, responsable pédagogique, décrivent les lignes de force qui animent l’établissement. Interview.

Scène des mondes : Vous dites que le projet phare du Conservatoire tourne autour des pratiques collectives. Qu’entendez-vous par là ?

Stéphane Billault : Il faut comprendre que le Conservatoire à l’ancienne proposant cours de solfège et cours individuel avec le prof, c’est fini ! Pour moderniser l’enseignement, nous privilégions désormais la pratique collective, c’est-à-dire la pratique dans un orchestre avec formation musicale intégrée. L’objectif premier, pour un élève du Conservatoire, consiste à jouer de son instrument dans un orchestre et à se produire sur scène. Proposer le collectif d’emblée donne un sens plus profond à la pratique musicale. C’est cela l’empreinte de notre établissement.
Séverine Joly : La nouveauté que nous avons introduite en septembre dernier, c’est le “Conservatoire par l’orchestre”. Pour l’instant, cela ne concerne que les instruments à cordes : les élèves débutants commencent directement par l’orchestre. L’objectif n’est pas que l’élève apprenne à jouer d’un instrument mais qu’il pratique cet instrument sur scène.

Scène des mondes : Vous souhaitez faire du Conservatoire Maurice André un “pôle ressource”. Qu’est-ce que cela signifie ?

Stéphane Billault : Cela signifie d’abord que nous accueillons tous les publics, y compris les publics adultes. Le Conservatoire n’est pas réservé aux enfants et aux adolescents : 20 % de nos élèves sont des adultes ! Nous sommes également ouverts à la “pratique amateur” pour les adultes, c’est-à-dire que notre établissement est un pôle ressource pour tous les musiciens amateurs ainsi que les pratiquants de danse et de théâtre Ils peuvent venir au Conservatoire pour répéter et obtenir des conseils car nous soutenons fermement la pratique amateur.
Séverine Joly : Nous nous positionnons comme un pôle ressource, non seulement sur Alès Agglomération, mais aussi sur le Sud de la France. C’est dans cette dynamique que nous avons été désignés comme centre d’audition des élèves d’Occitanie qui souhaitent intégrer “L’orchestre des petites mains symphoniques”. Cet orchestre national de haut niveau, qui rassemble des musiciens de 7 à 24 ans, se produit à l’Olympia et effectue des tournées internationales. Cette année, le Conservatoire d’Alès Agglomération sera le seul d’Occitanie à auditionner les élèves régionaux : cela se passera à Alès, le 21 février. Cette sélection prestigieuse démontre notre envie d’avancer, notre ouverture d’esprit et la place centrale que nous voulons occuper dans la région.

Scène des mondes : Vous souhaitez également que le Conservatoire rayonne en dehors de ses murs. Pouvez-vous détailler cet objectif ?

Stéphane Billault : J’ai en effet la volonté d’accentuer le développement de l’éducation artistique et culturelle. C’est -à-dire de sortir de nos murs pour porter musique, danse et théâtre à l’extérieur. Je souhaite d’abord que les élèves se produisent davantage dans les 71 communes de l’Agglo. Mais aussi dans d’autres structures, que ce soit l’hôpital, les Ehpad, les centres sociaux… , de façon à développer notre politique culturelle partout sur le territoire.
Séverine Joly : Le Conservatoire hors les murs représente une part importante de notre action. Nos enseignants enseignent beaucoup à l’extérieur, notamment dans les écoles primaires en faisant chanter ou danser les enfants. Au collège Diderot, nous intervenons dans les classes Cham, de la 6e à la 3e, pour donner un enseignement vocal et instrumental. À l’école de Tamaris, c’est “Orchestre à l’école” : du CE2 au CM2, les enfants peuvent pratiquer, au choix, le violon, la contrebasse ou la flûte, deux heures par semaine. Au collège Jean Moulin, dans le cadre d’“Orchestre au collège”, les collégiens pratiquent le “steel drum” pendant quatre ans.

Scène des mondes : Comment les élèves se comportent-ils quand la musique ou le théâtre leur sont proposés à l’école ?

Séverine Joly : Nous avons des résultats très encourageants. Les élèves se concentrent mieux, ils sont plus soudés entre eux, ils sont fiers. On ne relève aucun absentéisme lors des cours de musique : ils y vont en courant ! De plus,ce fonctionnement favorise le travail en binôme ou en trinôme de nos professeurs et c’est très positif aussi pour la dynamique du Conservatoire.

Scène des mondes : Avez-vous d’autres projets pour accentuer le rayonnement du Conservatoire sur l’Agglo ?

Stéphane Billault : Oui, cette année, nous allons organiser “Les Impromptus du Conservatoire”. Il s’agira de proposer des moments inattendus de musique, de danse et de théâtre en des lieux où les gens ne s’y attendent pas : dans la rue, sur les marchés, dans des administrations… Ce sont des formes de vie artistique que nous voulons donner partout, en partant du cœur de ville d’Alès et en rayonnant ensuite dans toutes les communes. Notre 1er “Impromptu” aura lieu très prochainement, puis nous en proposerons régulièrement tout au long de l’année.
Séverine Joly : J’appelle ça une “bulle artistique poétique” dans le quotidien des gens, afin de distiller de la joie. C’est très intéressant pour le public mais très motivant également pour les professeurs et les élèves qui doivent préparer intensément ces présentations spontanées.
Stéphane Billault : Un autre de nos projets consiste à associer la classe de danse contemporaine à un projet artistique autour des 170 ans de la Bambouseraie en intégrant un spectacle original mêlant dragons et univers chorégraphique. Ainsi, nous nous inscrirons dans un événement du territoire, ce qui correspond à notre envie de participer à des événements en dehors des salles de spectacle.
Ce projet confirme également notre volonté de privilégier la pratique collective dans l’établissement… Un cercle vertueux en somme.

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