La pièce sera interprétée par la classe de théâtre du Conservatoire Maurice André.

Franck Belloir : « Dès l’origine, les Passeurs de Livres ont misé sur l’exception »

Le 29 mai 2026

par Fabrice Jurquet

Le directeur du festival des Passeurs de Livres présente la 5e édition du seul festival littéraire en France consacré à toutes les sciences humaines. Un moment culturel intense à vivre à Alès, du 4 au 6 juin.

Scène des Mondes : Comment se présente cette 5e édition des Passeurs de Livres ?

Franck Belloir : Sous de bon auspices avec des indicateurs très positifs : nous avons retrouvé nos dates historiques, à savoir le premier week-end de juin, ; le comédien et écrivain alésien Lionnel Astier sera notre président d’honneur ; et nous accueillerons plus de 1 000 scolaires du primaire et du secondaire lors de nos “Pédagogiques”.
Fait notable pour cette édition : les travaux du Cratère nous obligent à déplacer le salon du livre au parking du Gardon avenue Carnot. C’est un lieu que les Alésiens connaissent bien et qui va être joliment aménagé avec notamment un espace “Dialogue” pour des rencontres avec les auteurs et un espace d’exposition.
Du côté des nouveautés, le jeudi 4 juin sera bien rempli : les rencontres professionnelles vont explorer les enjeux actuels de la chaîne du livre et nous aurons surtout, à l’initiative de l’association Voyages Culturels, une dictée géante animée par Rachid Santaki, journaliste et romancier.
Pour la première fois également cette année, NegPos, le centre d’art et de photographie de Nîmes, viendra initier les jeunes au cyanotype, un procédé photographique ancien très accessible.

Scène des Mondes : Ce festival des Passeurs de livres vous paraît-il important pour le territoire ?

Franck Belloir : Il est essentiel pour les habitants d’Alès Agglomération car ils ont la possibilité d’y rencontrer près de 70 éditeurs au même endroit et au même moment. Un salon littéraire couplé à un festival est l’occasion pour le public de rencontrer les auteurs, de mieux les connaître et surtout de comprendre que, derrière le livre, il y a un travail colossal de réflexion, d’écriture et de fabrication qui lui donne toute sa force. C’est pourquoi un événement de ce type représente aussi un intérêt majeur pour toute la filière du livre : éditeurs, distributeurs et librairies.

Scène des Mondes : En quoi ce festival est-il exceptionnel ?

Franck Belloir : Dès l’origine, les Passeurs de Livres ont misé sur l’exception. Il s’agit du seul festival en France consacré à toutes les sciences humaines et il a l’originalité de faire dialoguer des chercheurs, des écrivains et des auteurs de bande dessinée. C’est cela qui en fait un événement hors normes et rarissime.
Dans notre société de plus en plus polarisée, où la violence est symptomatique sur les plateaux télé comme dans la rue, ce dialogue que nous proposons entre des disciplines qui peuvent sembler éloignées est précieux car il s’inscrit dans la réalité de la rencontre avec des auteurs. Par extension, on peut considérer que l’objet “livre” est une voie non seulement d’apaisement mais aussi de sauvegarde de la démocratie. Ce n’est pas rien de dire ça par les temps qui courent…

Scène des Mondes : Parlez-nous du thème 2026, “Difficiles libertés” ?

Franck Belloir : La lecture apparaît aujourd’hui comme un vecteur de prise de conscience que le temps accordé à la compréhension des problèmes des époques anciennes, actuelle et futures est essentiel si l’on veut vivre ensemble en harmonie.
Ainsi, inviter une intellectuelle iranienne comme Fariba Hachtroudi (samedi 6 juin, 11h30, espace Dialogue) place notre action culturelle et celle d’Alès Agglomération dans le refus de définir le monde seulement comme un terrain de conflits. Ce qui fait parfaitement écho au thème de 2026 : “Difficiles libertés”.
Les questions que pose cette thématique sont variées : Qu’en est-il de nos idéaux d’émancipation, en Occident comme ailleurs, de notre possibilité de résistance, aux guerres comme à la violence généralisée ? Quelles sont nos quêtes personnelles, nos limites d’acceptation du monde dans lequel nous vivons ?
Ces questions ne peuvent pas être débattues sereinement dans des émissions où il faut imposer des phrases chocs et faire du buzz. Le livre et la rencontre avec son auteur, la discussion qui va avec et donc les manifestations organisées autour du livre sont le lieu indispensable à un vrai dialogue.

Scène des Mondes : Pensez-vous que le public sera au rendez-vous ?

Franck Belloir : Je n’en doute pas. Bien sûr, on peut regretter que les librairies alésiennes ne soient pas représentées sur le salon, principalement pour des raisons économiques. Participer à un salon du livre a un coût, je peux donc comprendre que les commerces soient prudents. Cette tendance n’est pas seulement alésienne mais elle est le reflet au plan national d’un net ralentissement dans l’économie du livre.
Donc oui, je pense que le public trouvera son bonheur au festival Les Passeurs de Livres car il est conçu pour intéresser tous les publics : les passionnés de lecture qui recherchent des auditeurs de haut niveau, les familles qui ont leur espace avec Graine de Lire, les jeunes qui, avec le Cabri Jeunes, montrent chaque année que la jeunesse est loin de tourner le dos à la lecture, les habitants des quartiers populaires avec lesquels nous travaillons depuis le début de cette aventure auprès des associations comme Raïa ou les Bancs publics, les seniors, les amoureux de belles photos également…
Il n’y a pas de limites de public car les sciences humaines sont une ouverture sur le monde.

Festival Les Passeurs de livres

  • Parking de l’avenue Carnot, Alès,
  • Du jeudi 4 juin au samedi 6 juin
  • Programme et infos : lespasseursdelivres.fr

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