C’est une chorégraphie de chapeaux de toutes formes et un empilement de vêtements usagés, défraîchis, désuets… Le chapiteau de poche de la Compagnie Bêtes de foire se transforme en une friperie d’antan, de celles où les vêtements et chapeaux étaient suspendus en l’air, faute de place au sol, et que l’on appelait pour cette raison des “Décrochez-moi ça”.
Elsa De Witte, costumière-comédienne, a pioché dans son univers de costumière pour nourrir l’idée principale du spectacle. « Les vieux vêtements c’est la base de mon travail de costumière, confie-t-elle. Je ne travaille que sur des matériaux existants, récupérés. Car ces objets sont déjà habités et renvoient quelque chose au spectateur avec beaucoup de profondeur ».
À partir de ces manteaux, redingotes, vestes, blousons et hauts de forme, le quatuor de Bêtes de foire – Laurent Cabrol, Elsa De Witte, l’homme-orchestre Thomas Barrière (en alternance avec Bastien Pelenc), et le régisseur Bernie Bolin – nous embarque dans un cheminement onirique et singulier mêlant différentes disciplines : la danse, le théâtre, les marionnettes…
« C’est la fusion de nos deux parcours qui aboutit à ça » commente Elsa, formée dans les compagnies de théâtre de rue, tandis que Laurent Cabrol, co-fondateur du cirque Trottola, vient du cirque et de la danse. « Nous exposons des choses universelles sur le temps qui passe et sur l’univers du spectacle et les gens se laissent guider par les tableaux… Nous portons un message minimaliste sur la beauté et la lenteur du mouvement afin de sensibiliser sur notre société de consommation et d’immédiateté ».
Résultat : un voyage intérieur, pétri d’émotions variées, avec un final bouleversant, combinant miroirs et musique. « Quand ils sortent, les spectateurs nous confient qu’ils sont partis très loin et ils nous disent que ça fait du bien ! ».
Déclinant un univers esthétique dans une scénographie circulaire, chaque représentation se déroule au plus près des spectateurs, puisque, dans ce chapiteau intimiste de 160 places, le dernier rang ne se trouve qu’à 2,50 mètres de la piste ! « C’est un opéra ambulant, très précieux. La petitesse du lieu crée proximité et intimité entre les spectateurs et nous. Ça nous pousse à travailler d’une manière très sensible ».
“Décrochez-moi ça” affiche complet à chaque fois qu’il plante son chapiteau dans une ville. La presse est en effet unanime à souligner la poésie de cette parenthèse circassienne qui ne ressemble à aucune autre. « Ce spectacle de cirque de création, on l’a écrit, Laurent et moi, comme un recueil de poésie, admet Elsa. Déjà, une poésie esthétique habite chaque élément du décor et chaque accessoire qui sont tous manufacturés. Ensuite les représentations sont muettes et musicales, ce qui génère une ambiance très particulière. Enfin, le ballet des costumes et la gestuelle précise de Laurent font poésie ».
En somme, un spectacle époustouflant et joyeux, qui met la pêche et emmène ailleurs. Ce qui s’avère plus que précieux en ce mois de janvier pluvieux et dans le monde dans lequel on vit…
Du mardi 20 au jeudi 30 janvier, à 20h30 – samedi 24 janvier à 16h (relâche dimanche 25 janvier).
Sous le chapiteau chauffé de la Compagnie, esplanade du Cratère à La Prairie.
Tarifs : de 9 € à 22 €.
Réservations : lecratere.fr
Teaser : www.youtube.com
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