L’archéologue a prélevé des fragments d’os temporal qui seront ensuite analysés… avant d’être remis en place sur les squelettes.

Les squelettes de l’Ermitage vont-ils parler ?

Le 10 octobre 2026

par Christine Zanella-Savy

Début octobre, un archéologue de l’Inrap a prélevé des fragments de crâne sur des squelettes conservés au musée du Colombier. Objectif : affiner les connaissances des populations qui vivaient sur la colline de l’Ermitage dans les premiers siècles de notre ère.

Ils ont au moins 1 500 ans et ne se doutaient pas qu’ils pourraient encore susciter l’intérêt des chercheurs… Pourtant, les squelettes retrouvés en 1986 et 1997 dans des tombes wisigothiques sur la colline alésienne de l’Ermitage se retrouvent au centre d’un projet collectif de recherche mené par Olivier Mignot, archéologue à l’Inrap (*). « Nous voulons affiner la datation de ces ossements qui est actuellement estimée entre les Ve et VIIe siècles de notre ère » pose l’archéologue en se penchant sur les tombes reconstituées sous vitrine au musée du Colombier. 

Une première à Alès

C’est la première fois que de tels prélèvements sont opérés à Alès, sur des squelettes retrouvés avant les fouilles préventives de 2008 et 2025 (**). « Cette opération inédite signe ainsi une nouvelle étape dans les recherches consacrées à l’occupation tardo-antique de l’Ermitage » se réjouit Carole Hyza, conservatrice des musées d’Alès Agglomération.

Olivier Mignot sectionne avec une pince un fragment de l’os temporal, là où le crane est le plus fin. En l’absence de dents, il s’agit de la zone corporelle la plus favorable pour mener à bien des analyses radiocarbones (datation carbone 14) et des recherches ADN.

Résultats dans six mois

« Les analyses de deux laboratoires spécialisés vont nous donner des indications précises sur l’époque à laquelle vivaient ces personnes, leur sexe, l’âge de leur décès et sur d’éventuels liens familiaux entre elles. » Petit plus, il sera également possible d’avoir des informations sur leur régime alimentaire…

Tous les résultats seront communiqués par l’Inrap dans les six mois à venir.
On a hâte !

(*) Institut national de recherches archéologiques préventives

(**) Ces deux campagnes de fouilles ont notamment permis de mettre au jour deux magnifiques mosaïques du 1er siècle avant notre ère.

En vidéo

Retrouvez l’interview de l’archéologue de l’Inrap et les images des prélèvements effectués : cliquez ici.

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