Le corps évolue du sol à la suspension aérienne, entre mouvement dansé et manipulation de matière. © Guillaume Montaud

“Mur.muer” : suspension et matière en mouvement à Portes

Le 26 juin 2026
par Christine Zanella-Savy
Le 30 juin, le collectif Les Noues propose l’avant-première d’un spectacle singulier, mêlant suspension aérienne, scénographie et musique.

« C’est un projet que je cogite depuis plusieurs années autour de la question du “chez-soi”, explicite Morgane Liébard, directrice artistique. Concrètement le “chez-soi” est bien sûr un habitat mais, métaphoriquement, il peut aussi être un espace, une odeur, une musique…».

En 2024, le projet s’est nourri d’une résidence dans un collège de La Grand-Combe, puis d’un travail avec des élèves de CM2 dans une école primaire à Trescol. « En allant à la rencontre du public, j’ai eu envie de creuser chaque cycle de la vie autour de cette thématique »

Tripode et filet d’échafaudage

Lorsque la création au plateau a commencé, en janvier 2025, le principe d’une structure, en l’occurrence une corde lisse sur un portique de 7 mètres, s’est imposé.
« Ce tripode est comme une grande cabane, un tipi qu’on peut venir habiter ». Vecteur symbolique fort, la corde dessine des trajectoires : du cordon ombilical à la prise de hauteur pour s’élever et grandir…
Une suspension donc.
Mais le spectacle est aussi tissé de matière en mouvement, principalement un filet d’échafaudage issu du recyclage, métaphore des enveloppes qui nous contiennent et nous protègent. Un cocon symbolise le ventre maternel puis la matière se déroule, se construit dans l’espace, devient vêtement en épousant les transformations du corps.

De la naissance à l’adolescence

Dans ce premier volet, le spectacle “Mur.muer” nous embarque dans une traversée des âges, de la naissance à l’adolescence.

La circassienne Isaure Jacques évolue au sol et s’élève, avec des mouvements poétiques et acrobatiques sur la corde. Dans une atmosphère intimiste, la chorégraphie évoque un corps qui grandit et change d’habitat au fil des âges.

Un paysage sonore

Constituante phare du spectacle, la création musicale raconte l’histoire. À mi-chemin entre documentaire et poésie, les textes écrits par l’autrice Laura Severi sont slamés, scandés, parlés. L’alternance des registres et du phrasé permet de créer des ambiances et des teintes variées.
Composée et enregistrée par Guillaume Montaud, l’atmosphère sonore est à la fois narrative et rythmée par des synthétiseurs en passant par la musicalité de notes acoustiques de violoncelle.

Si l’on demande à Morgane, ce qui signifie ce titre “Mur.muer”, elle répond joliment : « C’est un jeu de mots qui représente les deux strates du propos. Le “mur” évoque les murs qui nous contiennent et donc fait écho à l’habitat, tandis que “muer” symbolise la relation au corps qui est notre première enveloppe »

En pratique

Avant-première à La Démène, 627 route des Mènes, Portes (continuer tout au bout de l’impasse, entrer sur le lieu et suivre les panneaux parking)

  • 18h30 – Accueil avec buvette
  • 19h – Spectacle (durée 45 minutes). Participation au chapeau en soutien aux artistes

Spectacle à retrouver ensuite au Off des Transes Cévenoles à Sumène (30) les 18 et 19 juillet.

Partagez cet article